Aliotti, Il Trionfo della Morte

Les Traversées Baroques © Edouard Barra

Présentation

En 1686, est présentée à la cour de Francesco II d’Este à Modène une œuvre qui suscite l’admiration de tous : Il trionfo della Morte per il peccato d’Adamo. Ce dialogue, composé et créé en 1677 à Ferrare par Bonaventura Aliotti (1640-1690), confronte Adam et Ève à la tentation, mais aussi à leur passion amoureuse, à leurs tourments et à leurs doutes.

Nous découvrons ici l’histoire du péché originel par le prisme des personnages principaux : la dimension humaine – et donc fragile – des états d’âme d’Adam et d’Ève en offre un nouvel éclairage. L’œuvre débute par un somptueux dialogue dans lequel ils avouent s’aimer d’un amour que rien ne peut dissoudre. Mais la Raison met Adam en garde : l’amour terrien est le père des remords. Elle lui demande donc de s’éloigner d’Ève et de rester fidèle à son créateur. La Mort, qui rôde sans pouvoir entrer dans le jardin, s’associe à Lucifer dans le but de régner sur le monde. La Passion, aliénée jusque-là par la Raison, se rebelle également. Lucifer se rend auprès d’Ève pour la tenter. Elle croque le fruit défendu, et use de ses charmes pour faire vaciller Adam – qui finit par céder en l’entendant chanter son désespoir dans un sublime lamento : « Disciolgletevi ». Bonaventura Aliotti est un frère franciscain sicilien également connu sous le nom de Padre Palermino. Il se forme à Palerme, se rend d’abord à Modène, puis à Ferrare en 1 675. Il y est employé en tant qu’organiste par l’Accademia della Morte.

Les Traversées Baroques proposent ici une découverte musicale exceptionnelle : rappelant volontiers l’opéra, cette oeuvre alterne récitatifs courts, duos, airs, chœurs et arias accompagnati, autant de joyaux musicaux pour une construction musicale très aboutie. Des pages sublimes et totalement inconnues, qui ne méritaient aucunement de tomber dans l’oubli. À découvrir absolument !

 

Vidéo

Distribution

Ève : Capucine Keller
Adam : Vincent Bouchot
La Raison : Anne Magouët
Dieu, Lucifer, la Passion : Renaud Delaigue
La Mort : Paulin Bündgen

Chœurs de Vertus, des Démons, des Anges : Capucine Keller, Anne Magouët, Paulin Bündgen, Vincent Bouchot, Renaud Delaigue

Violon baroque : Jasmine Eudeline, Saskia Birchler
Cornet à bouquin & flûte à bec : Judith Pacquier, Liselotte Emery
Basson & flûte à bec : Monika Fischaleck
Viole de gambe : Ronald Martin Alonso
Violone, contrebasse : Elodie Peudepièce
Théorbe : Florent Marie
Clavecin et orgue : Laurent Stewart

Direction : Étienne Meyer
Mise en espace : Jeanne Desoubeaux

Note d'intention

Le genre de l’oratorio et des dialoghi sacri

L’origine d’une telle forme de narration musicale, que l’on trouvera dans l’histoire de la musique occidentale tantôt sous le nom « d’histoire sacrée », ou dialoghi sacri (comment ne pas penser ici à Carissimi et à son élève Marc-Antoine Charpentier) tantôt d’oratorio, est indissociable de l’ordre religieux des Oratoriens créé au 16e siècle autour de Saint Philippe Néri. Il s’agissait alors pour les religieux de se réunir dans l’oratoire de leur sanctuaire, en dehors de leurs offices, pour y commenter des textes sacrés entrecoupés de pièces polyphoniques généralement de courtes durées. Peu à peu, naîtra une structure plus organisée, mettant en jeu des personnages mythiques des Écritures, jusqu’à ce que l’oratorio devienne une arme de communication essentielle de l’église de la Contre-Réforme, réussissant le tour de force de faire entrer à l’église le langage d’un genre qui y était absolument proscrit : celui de l’opéra. On cite généralement, et non sans raison, La Rappresentatione di anima e di Corpo d’Emilio de Cavalieri créée en février 1600 à la Chiesa Nuova de Rome, comme premier jalon de ce genre qui perdurera jusqu’à nos jours.

Le genre des dialoghi sacri et des oratorios se développe en Sicile dès la seconde moitié du 17e siècle : en témoigne la publication d’un grand nombre de livrets et de chroniques détaillées de l’époque. La première source connue à Palerme est le livret du drame sacré l’Abramo (1650), publié et mis en musique par le romain Giovanni Conticini. En 1652, le franciscain Bonaventura Rubino, alors maître de chapelle de la cathédrale de Palerme, publie le dramma per musica La Rosalia Guerriera. Dans la même période, le père Giovanni Battista Fasolo édite six oratorios (Il Costantino, 1653 / l’Amazone d’innocenza, 1656 / Il Mondo Vilipeso, 1657 / Da la Città Felice, 1660 / L’Empirio Festeggiante, 1661 / l’Esequie di Santa Rosalia, 1664). On pourrait enfin citer Vincenzo Amato, maître de chapelle de la cathédrale de Palerme de 1665 à 1670 : il publie une œuvre sacrée intitulée Il martirio di Santa Caterina en 1669. Ces sources musicales, égarées pour la plupart, rendent les compositions du palermitain Bonaventura Aliotti d’autant plus significatives et importantes.

Personnalité et œuvre de Bonaventura Aliotti

Bonaventura Aliotti (ca 1640 – ca 1690) est un frère franciscain mineur conventuel également connu sous le nom de Padre Palermino. Il compose onze oratorios, seulement quatre nous sont parvenus. Ces manuscrits sont conservés à la bibliothèque Estense de Modène et dans les archives des pères Filippini à Naples. Aliotti se forme à Palerme, au sein de la communauté des frères Franciscains mineurs. Entre 1650 et 1670, il est l’élève du compositeur et organiste Giovanni Battista Fasolo. Une chronique palermitaine – datant de 1652 – évoque ce grand musicien qu’est Fasolo, à propos d’un Te Deum à 8 chœurs : « C’est cette musique qui, tant par la douceur des voix, la qualité des chanteurs, le style enlevé de composition du maître de chapelle, le père Fasolo, digne de tant d’admiration et d’applaudissements, conquit les âmes de tous dans une extase de douceur, faisant oublier toute autre préoccupation, jouissant d’une béatitude que je qualifierai de céleste, dont la fin nous laisse une impression d’insatisfaction« . Bonaventura Rubino, également maître de chapelle de la cathédrale de Palerme, appartenait au même ordre religieux qu’Aliotti. Il a donc la chance inouïe de recevoir les enseignements de ces deux musiciens de grande valeur.

De Giovanni Battista Fasolo, auteur d’un texte célèbre sur l’orgue – l’Annuale, édité en 1645 en Italie et à l’étranger – Aliotti apprendra les secrets de l’art de jouer du clavier avec dextérité. Avec Rubino, musicien prolifique et très habile, il apprendra les styles de composition les plus modernes dans l’écriture des œuvres sacrées. Quand on sait que Rubino composa en 1644 un office grandiose, Il Vespro per lo Stellario della Beata Vergine, qui utilise jusqu’à douze chœurs vocaux et instrumentaux, on peut vraiment imaginer dans quelle atmosphère incroyable est plongé le jeune Aliotti à l’aube de son apprentissage musical ! La ville de Palerme est à la pointe en matière de composition d’oratorios et de mélodrames : elle accueille bien sûr l’exécution d’œuvres venant de Naples ou de Venise, mais ses compositeurs proposent également des œuvres d’après la « coutume du pays » et le « génie du climat ».

Bonaventura Aliotti quitte la Sicile en 1671. Il se rend à Padoue pour y occuper l’important poste de premier organiste, puis de second maître de chapelle de la basilique franciscaine de Saint-Antoine. Il y reste jusqu’en juin 1674. Il y côtoie Carlo Pallavicino, qui exerce à ses côtés en tant que « second maître lors des concerts ». Le contexte musical est un peu différent de celui de Palerme : si en Sicile on s’intéresse déjà à la composition d’oratorio et de dialogues sacrés, ce n’est alors absolument pas le cas dans la région du Veneto, ni à Venise, et encore moins à Padoue. L’intérêt pour ce genre musical ne s’y développera qu’à la fin du siècle. Il est important de souligner que, grâce aux biographies de Pallavicino et d’Aliotti, nous connaissons la première source attestant de l’exécution d’un oratorio à Padoue : le 29 mars 1674, nos deux musiciens reçoivent un salaire de joueurs de « gravicembalo (clavecin) all’ Oratorio il martedi Santo« . Cet oratorio, donné le 29 mars 1674, est probablement le premier dialogue sacré connu d’Aliotti, La morte di San Antonio. En juin 1674, un nouveau maître de chapelle est nommé. Pallavicino et Aliotti quittent Padoue et se rendent à Venise. Aliotti y devient organiste, mais part finalement à Ferrare en octobre 1674. Il justifie ce choix en expliquant que l’air de Padoue n’est pas sain pour lui – mais décide d’aller vivre dans une ville où le climat est encore moins agréable… Un choix très certainement plus poussé par le désir de rejoindre une ville à l’ambiance musicale stimulante !

À Ferrare, Aliotti occupe la fonction d’organiste de l’église de la Confraternité de la Mort, grand centre musical en matière d’oratorio. C’est d’ailleurs dans cette église qu’est créé en 1677 Il trionfo della Morte. L’œuvre marquera à tel point les esprits qu’elle fera l’objet de plusieurs copies et sera reprise plusieurs fois, ce qui n’était pas fréquent à l’époque. Nous en savons peu sur la fonction exacte d’Aliotti à Ferrare. Il y côtoie notamment Giovanni Legrenzi, Giovanni Paolo Colonna et Alessandro Melani, forgeant ainsi sa personnalité musicale. Notre Padre Palermino quitte Ferrare en 1677 pour le poste prestigieux de maître de chapelle de la cathédrale de Spoleto, qu’il gardera jusqu’en 1678.

En 1679 un nouveau chapitre s’ouvre : Aliotti retourne à Palerme et devient maître de chapelle de la cathédrale (1681 et 1682), puis maître de chapelle du sénat et maître de chapelle des pères Jésuites. Il est l’un des fondateurs de l’Unione dei Musici di Santa Cecilia, association regroupant tous les compositeurs de la ville (parmi lesquels Michelangelo Falvetti). Il noue ses premiers liens avec Modène, où il fera représenter trois dialoghi sacri à l’oratoire San Carlo (dont le Trionfo en 1686). Une période féconde : Aliotti compose alors de nombreuses œuvres et suscite l’admiration de ses auditeurs.

Il trionfo della Morte per il peccato d’Adamo

Cette reconnaissance dépasse le cadre géographique de la Sicile, puisqu’en 1686, est représenté à Modène Il trionfo della Morte per il peccato d’Adamo. Cet oratorio confronte Adam et Ève à la tentation, mais également à leur passion amoureuse, leurs tourments et leurs doutes. On découvre ici l’histoire du péché originel par le prisme des personnages principaux : la dimension humaine – et fragile – des états d’âme d’Adam et d’Ève offrent à cette histoire un nouvel éclairage. L’œuvre débute par un somptueux dialogue dans lequel nos deux personnages avouent s’aimer d’un amour que rien ne peut dissoudre. La Raison met Adam en garde : l’amour terrien est le père des remords. Elle lui demande donc de s’éloigner d’Ève et de rester fidèle à son créateur. La Mort, qui rôde sans pouvoir entrer dans le jardin, s’associe à Lucifer dans le but de régner sur le monde. La Passion, aliénée jusque-là par la Raison, se rebelle également. Lucifer se rend auprès d’Ève pour la tenter. Elle croque le fruit défendu, use de ses charmes pour faire vaciller Adam, qui finit par céder en l’entendant chanter son désespoir dans le sublime air : « Discioglietevi, dileguatevi« , déjà décrit à l’époque comme le plus beau lamento jamais composé. L’intervention des chœurs (les démons, les vertus, les anges) est peu commune et souligne l’histoire avec une expressivité remarquable. Le rôle de l’orchestre – une écriture instrumentale très complète à 4 et 5 parties – est prépondérant : il soutient, commente et souligne l’action par de brèves interventions, nombreuses et colorées. Aliotti fait preuve, comme dans les autres oratorios, d’une inspiration particulièrement heureuse dans la caractérisation de ses personnages.

À l’écoute du trionfo della Morte per il peccato d’Adamo, un auditeur contemporain d’Aliotti a pu parler de « concert merveilleux ». Il n’est pas étonnant que les oratorios d’Aliotti aient été connus et appréciés, du public palermitain certes, mais aussi dans des villes dotées d’une vie musicale moderne et raffinée, telles que Padoue, Ferrare, Modène, Bologne, Venise ou Naples. Les Traversées Baroques proposent ici une découverte musicale exceptionnelle : rappelant volontiers l’opéra, cette œuvre contient pléthore de joyaux musicaux, pour une construction musicale très aboutie. Des pages sublimes et totalement inconnues, qui ne méritaient aucunement de tomber dans l’oubli…

Les Traversées Baroques

Basées à Dijon, Les Traversées Baroques (direction Judith Pacquier et Etienne Meyer) explorent des répertoires baroques originaux : un voyage musical qui part de l’Italie, berceau de la musique du début du 17e siècle, et qui suit les nombreuses ramifications de son influence dans toute l’Europe. Monteverdi bien sûr, le père spirituel, mais également B. Strozzi, K. Förster, M. Mielczewscki, G. Gabrieli, B. Aliotti, G. Bassano et bien d’autres.

Régulièrement invité dans des lieux prestigieux (Les 2 Scènes, Arsenal de Metz, festival International de Sarrebourg, festival d’Ambronay, festival Musique et Mémoire, festival du Haut-Jura, Opéra de Saint Etienne, Opéra de Dijon, Théâtre de Beaune, Espace des Arts…), l’ensemble se produit également à l’international (Pologne, République tchèque, Suisse, Cuba, Norvège). L’ensemble se tourne aussi vers l’opéra, avec la reconstitution des Intermèdes de la Pellegrina (2014, A. Linos) et de l’Orfeo de Monteverdi (2016, Y. Lenoir).

Les Traversées Baroques ont enregistré 4 disques consacrés au répertoire musical polonais (label K617 – Culture.pl). Le 5e disque consacré à Gabrieli et Bassano est sorti en 2018 (label ACCENT). Ces disques sont tous salués par la critique nationale et internationale (FFFF Télérama, 5 diapason, Resmusica, Choix de France Musique, nomination aux International Music Awards). Un 6e disque, consacré à cette œuvre de Bonaventura Aliotti, Il trionfo della morte, est sorti en avril 2020.

Etienne Meyer, également compositeur, et passionné par le cinéma, écrit de la musique pour ciné-concerts, en utilisant ainsi les riches sonorités des instruments anciens dans un langage moderne : Pat a Mat (2013), Le Criquet (2014), The Wind (2017) et Le Ballon rouge (2018).

Les Traversées Baroques bénéficient du soutien du Ministère de la Culture (DRAC Bourgogne Franche-Comté) au titre des ensembles musicaux et vocaux conventionnés, du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté, du Conseil Départemental de la Côte d’Or et de la Ville de Dijon (en convention).

Etienne Meyer, Direction

Chef et compositeur, Etienne Meyer suit une formation musicale dans les CRR de Metz, Nancy et Luxembourg avant d’intégrer un double cursus au CNSMD de Lyon en direction et écriture musicale. Il y obtient son DNESM en 2001.

Il assure la direction musicale des Traversées Baroques, qu’il fonde en 2008 avec Judith Pacquier. C’est à la tête de cet ensemble vocal et instrumental qu’il fait un formidable travail de redécouverte des répertoires baroques peu connus. C’est entre autre le résultat d’un coffret discographique, reflet d’un travail de longue haleine sur la musique polonaise (transcription de partitions, instrumentations, enregistrements et nombreux concerts).

Côté Italie, Claudio Monteverdi est mis à l’honneur : Etienne Meyer dirige ses Vêpres à la bienheureuse Vierge ou encore sa Selva morale e spirituale. Et c’est dans le cadre d’une résidence de l’ensemble à l’Opéra de Dijon qu’il dirige une reconstitution mise en scène des Intermèdes de la pellegrina (2014, mise en scène Andreas Linos) et une version de l’Orfeo de Claudio Monteverdi (2016, mise en scène Yves Lenoir).

Il dirige à la tête des Traversées Baroques plus de 200 concerts dans l’Europe entière et mène de nombreuses actions pédagogiques (en Bourgogne, Lorraine, mais aussi en République tchèque ou en Pologne). Compositeur et passionné par le cinéma et les films muets, il écrit sur des courts-métrages tchèques pour les musiciens des Traversées Baroques, utilisant ainsi les riches sonorités des instruments anciens dans un langage moderne (Le criquet, Pat a Mat). Sélectionné par le Festival International d’Aubagne pour le prix de la création, il compose également des œuvres originales pour petits et grands effectifs : Le fantôme de l’Opéra, Le Vent, Juve contre Fantomas, Charlot s’évade, Le criquet, Pat a Mat, autant de ciné-concerts qui sont diffusés régulièrement. Il dirige notamment l’orchestre de Basse-Normandie sur sa musique pour Le fantôme de l’Opéra pour chœur et orchestre.

Il est régulièrement appelé à diriger différents concerts avec entre autre l’Orchestre Dijon-Bourgogne, la Camerata de Bourgogne, les solistes Lyon-Bernard Tétu, les chœurs de l’Opéra de Lyon, etc… Etienne Meyer est par ailleurs chef de chœur de l’École Maîtrisienne Régionale de Bourgogne (Maîtrise de Dijon). Il enregistre en 2016 un album discographique original sur le répertoire dédié à la maîtrise autour de l’œuvre de Joseph Samson. Il prépare régulièrement des enfants chanteurs pour diverses productions à l’Opéra de Dijon, et dirige l’opéra pour enfants Brundibar en 2015.

Jeanne Desoubeaux, mise en espace

Formée à la musique, à la danse, au théâtre et aux études littéraires entre Caen et Paris, Jeanne Desoubeaux, née en 1992, fonde la compagnie Maurice et les autres en 2015. Elle met alors en scène les opéras L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel, Didon et Enée de Henry Purcell, Don Quichotte (j’étoilerai le vent qui passe) d’après Jules Massenet, toutes sous la direction musicale d’Igor Bouin et Ce qu’on attend de moi (théâtre musical) d’après Vincent Guédon, accompagnée musicalement de Martial Pauliat et Jérémie Arcache.

En tant que comédienne, elle a joué au théâtre sous la direction de Bernard Sobel, de Hugo Roux, de Myriam Marzouki, de Valérian Guillaume.

Comme assistante à la mise en scène, elle travaille avec Hugo Roux, Jean de Pange, Jean-Pierre Baro. En 2018-2019, elle est metteure en scène en résidence à l’Académie de l’Opéra National de Paris (assistante sur les spectacles de Maëlle Dequiedt, Célie Pauthe, Robert Carsen et création de Et la nuit éclairait la nuit à l’Amphithéâtre Bastille).

En 2020, elle travaille avec l’Opéra de Dijon (création de Je crois entendre encore en mai) ou encore avec l’ensemble Aedes (Mathieu Romano) et le compositeur Vincent Bouchot autour de l’opéra participatif Argos et Grigoria, créé en juin au Théâtre Impérial de Compiègne. Avec Maurice et les autres, elle créé le spectacle musical Les Noces sur un texte de Samira Sedira (Maison Maria Casarès et Théâtre de la Poudrerie) et entreprend la tournée printanière de Don Quichotte (j’étoilerai le vent qui passe) notamment à l’Opéra de Limoges et à l’Opéra Comique.

Capucine Keller, soprano (Eve)

Capucine Keller a pour passion l’expression des émotions par le chant et utilise le texte pour transmettre toute la sensibilité d’une oeuvre musicale. Elle aime faire passer le public du rire aux larmes, peu importe le style de la musique et ne recule devant aucune expérience, que ce soit un récital à 6h du matin, chanter à quinze mètres de haut ou encore passer du baroque au jazz en un seul et même concert.

Après un premier diplôme en Musicologie et Histoire des Religions en 2007, Capucine Keller obtient en 2010 un Bachelor of Arts avec les félicitations du jury et le prix d’excellence, puis en 2012 un Master d’Interprétation à la Haute École de Musique de Lausanne dans la classe de Brigitte Balleys. Sur scène, elle interprète les rôles de Valletto (L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi), Ninfa et Euridice (Orfeo de Monteverdi), de la Second Witch et de la Second
Woman (Dido and Aeneas de Purcell), de Vittoria Archilei, Anfitrite et Armonia (La Pellegrina) et d’Eurydice (Orphée aux Enfers d’Offenbach), mais aussi les rôles principaux de deux créations contemporaines : Alice et les sortilèges (rôle d’Alice), une œuvre de Robert Clerc commandée par l’Orchestre de Chambre de Lausanne et Psychose 4.48 (rôle d’ « Elle ») de Blaise Ubaldini. Elle se produit en soliste dans de nombreuses salles et festivals en Europe, dont les opéras de Dijon, Lausanne, Saint-Etienne, la Chapelle Royale de Versailles, au Bozar et à la salle Flagey de Bruxelles, ou encore le Festival d’Ambronay.Ayant une affinité particulière pour la musique baroque, elle participe à la 20e Académie baroque européenne d’Ambronay en 2013, et travaille avec plusieurs ensembles de musique ancienne, dont la Cappella Mediterranea, Elyma, Clematis,
Correspondances, Pygmalion, les Alizés, les Traversées Baroques, l’ensemble Clément Janequin et surtout Chiome d’Oro, dont elle est l’un des membres fondateurs. En 2010, elle enregistre un disque de madrigaux de Matheo Romero sous le label Ricercar avec l’ensemble belge Clematis, puis en 2012 le rôle de Superbia dans l’oratorio Nabucco de Falvetti, dirigé par Leonardo Garcia Alarcon sous le label Ambronay et enfin son premier disque solo, Théâtre du Monde, avec l’ensemble Chiome d’Oro en 2014. Capucine Keller est lauréate des bourses Friedl Wald en 2010 et Colette Mosetti en 2011 et en 2012. Elle fut également choisie pour représenter la Suisse au prix Jeune Soliste 2013 des Radios Francophones Publiques (R.F.P.) et fait partie des solistes recommandés par la Société Française de Chefs de Choeurs en 2015.

Vincent Bouchot, ténor (Adam)

Vincent Bouchot est né en 1966 à Toulouse. Il effectue des études de lettres à l’École Normale Supérieure de Fontenay, ainsi qu’une maîtrise et un D.E.A. de lettres modernes à l’Université de Paris III (sur Georges Perec et Jules Verne). Chanteur autodidacte, il a fait ses gammes au chœur de La Chapelle Royale, dirigé par Philippe Herreweghe, entre 1987 et 1991, puis a chanté dans les principaux ensembles vocaux professionnels français, dont Les Jeunes Solistes (direction Rachid Safir) et le Groupe Vocal de France (direction John Poole). Il est membre de l’Ensemble Clément Janequin (direction Dominique Visse) depuis 1994. En dehors de la musique d’ensemble qu’il pratique aussi avec les ensembles Doulce mémoire (Denis Raisin-Dadre) et Ludus modalis (Bruno Boterf), il se consacre essentiellement à la musique contemporaine, créant d’innombrables œuvres dont plusieurs opéras d’Henri Pousseur (Leçons d’Enfer), de Gérard Pesson (Forever Valley), de Christophe Looten (Médée de Thessalonique), de Carlo Carcano (Cuore), d’Alexandros Markeas (Outsider), ou d’Aurélien Dumont (Chantier Woyzeck), mais aussi à la mélodie et à la chanson françaises (plusieurs spectacles avec le pianiste Denis Chouillet sur Satie, sur Vian, sur Prévert, sur Poulenc) et parfois à la musique baroque avec La Sinfonie du Marais (Hugo Reyne), La Rêveuse (Florence Bolton et Benjamin Perrot) et Les Traversées baroques.

Compositeur tout aussi autodidacte, il a écrit à ce jour 8 opéras, dont 6 ont été représentés, La Belle Lurette (1999) et Cantates de bistrot (2005) dans des mises en scène de Mireille Larroche à la Péniche Opéra, Ubu (2002) à l’Opéra Comique dans une mise en scène de Mireille Larroche également, Chemin faisant (2001) à l’Opéra de Rennes, mise en scène Philippe Robert, L’Orgue de Kalfermatt (2008) au Forum du Blanc-Mesnil, mise en scène Jacques Gomez, Elle est pas belle la vie ? (cantates de bistrot II, 2012) à la Péniche Opéra dans une mise en scène d’Alain Patiès. Parmi ses créations récentes signalons Je ne sais pas chanter (!), une cantate dramatique sur un livret original de Daniel Picouly, créée salle Pleyel en juin dernier avec Alain Buet, baryton, le Chœur et l’Orchestre de Paris dirigés par Lionel Sow.

Vincent Bouchot a reçu le Prix Salabert pour la musique vocale en 2010 (pour « Les Cris de Paris » enregistrés par l’Ensemble Clément Janequin) et le Prix Nouveau Talent Musique 2014 de la SACD.

Anne Magouët, soprano (La Raison)

Après des études littéraires et musicales complètes en tant qu’altiste, Anne Magouët, débute le chant au Conservatoire National de Région de Nantes où elle obtient des médailles d’or en chant, musique ancienne, art lyrique et un prix de perfectionnement en chant et en art lyrique dans la classe d’Annie Tasset. Elle se perfectionne ensuite avec Alain Buet.

En 2013, elle est intronisée dans la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Elle se produit tant en récital qu’en soprano solo, invitée par des ensembles tels que Stradivaria, les Traversées Baroques, les Ombres, Concerto Soave, la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, les Folies Françoises, les Passions, Mensa Sonora, le Galilei Consort, les Sacqueboutiers de Toulouse, Pierre Robert, le Poème Harmonique, Sit Fast, Jacques Moderne, le Concert Spirituel, et bien d’autres.

Parallèlement à son répertoire classique qui s’étend de la Renaissance à la musique contemporaine, elle a participé à divers projets avec des musiciens de jazz, dont David Chevallier (Gesualdo Variations, Double Dowland, Sit Fast & Fear Not, Emotional Landscapes), Alban Darche, Dominique Pifarély, Marc Ducret ainsi que le pianiste Gerardo Jerez Le Cam.

Renaud Delaigue, basse (Dieu, Lucifer, la Passion)

Formé au CNSMD de Lyon et rompu aux planches par deux saisons passées dans les murs de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Lyon, Renaud Delaigue se frotte aux grands rôles de basses mozartiennes, notamment dans le cadre du Festival de Saint-Céré (Sarastro, sous la direction de Stéphane Denève), avant d’être repéré par quelques grands
noms de la musique ancienne : Dominique Visse (grand prêtre de la polyphonie de la Renaissance, qui le recrute aussitôt comme l’un des piliers de son fameux Ensemble Clément Janequin), Jean-Claude Malgoire, qui lui confie coup sur coup des rôles dans sa trilogie Monteverdi (Seneca, Caronte, Nettuno…), mais aussi dans Gianni Schicchi, L’Enfance du Christ , Le Barbier de Séville (Basilio), Don Giovanni (Masetto et le Commandeur), La Clémence de Titus (Publio), sans oublier le Messie de Haendel, le Requiem de Mozart ou la Neuvième Symphonie de Beethoven, mais encore William Christie, Rinaldo Alessandrini, Hervé Niquet ou Christophe Rousset qui, de David et Jonathas de Charpentier à Psyché de Lully, en passant par La Didone de Cavalli ou Médée de Charpentier, l’adoubent définitivement comme l’une des voix chéries de la scène baroque.

Cependant, comptant également à son actif des expériences aussi diverses que Benvenuto Cellini (le Pape) et L’Enfance du Christ (Hérode) sous la baguette de John Nelson, un Pelléas et Mélisande revisité par Alexandre Tharaud au Musée d’Orsay, Les Pécheurs de perles (Nourabad) à Plovdiv, Elias de Mendelssohn et La Passion selon Saint-Matthieu de Bach avec Kurt Masur, Le Déluge de Saint-Saëns et La Chute de la maison Usher de Debussy aux côtés de l’Orchestre national de France, ou encore la création contemporaine Lolo Ferrari de Michel Fourgon à L’Opéra de Rouen, Renaud Delaigue est bien loin, à l’évidence, de borner son champ d’exploration vocale à la seule musique ancienne.

Ces dernières saisons, on a également pu l’entendre dans les rôles d’Arkel (Pelléas et Mélisande) à Bremen avec la Deutsche Kammerphilharmonie et à l’Atelier lyrique de Tourcoing, du Vieillard Hébreux (Samson et Dalila ) au Théâtre des Champs-Elysées, de Bartolo (Le Nozze di Figaro ) à l’Opéra de Nice, de Haly (L’italienne à Alger ) à Tourcoing et au Théâtre des Champs Elysées, de Frère Laurent (Roméo et Juliette de Berlioz) à Saint-Louis (USA) sous la direction de Leonard Slatkin, du Commandeur et de Masetto (Don Giovanni), du Landgrave (Tannhaüser) et du vieux Tzigane (Aleko) au Centre Lyrique de Clermont-Auvergne, de Caronte (L’Orfeo) à l’Opéra de Dijon, de Straton (Alceste), Curio (Jules César) et du deuxième homme d’armes (La Flûte enchantée) au Théâtre des Champs-Elysées, de Basilio (Le Barbier de Séville) à l’Opéra de Rennes, d’Angelotti (Tosca) à l’Opéra de Reims ou encore de Zuniga (Carmen) à l’Opéra de Lille, au Théâtre de Caen et à l’Opéra de Limoges.

Au concert il a chanté le Requiem de Mozart avec l’Orchestre régional Avignon Provence, les programmes Péchés Capitaux et Amore Siciliano à New-York, Namur, Genève et Bourges avec l’ensemble Cappella Mediterranea dirigé par Leonardo García Alarcón et collabore régulièrement auprès les ensembles Clément Janequin, Chiome d’Oro, Diabolus in Musica, Café Zimmermann, la Simphonie du Marais et les Traversées Baroques.

Paulin Bündgen, alto (La Mort)

Le contre-ténor Paulin Bündgen chante avec les ensembles Cappella Mediterranea, Clématis, les Traversées Baroques, Doulce Mémoire, Akadêmia, Amarillis, le Concert Spirituel, Stradivaria… et l’ensemble Céladon, qu’il a fondé en 1999 et avec qui il se produit très régulièrement en France comme à l’étranger. À l’opéra, il a interprété les rôles d’Endimione dans la Calisto de Cavalli, Cirilla dans Gli amori di Apollo e di Dafne de Cavalli, Ottone dans l’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Zephyrus dans Apollon et Hyacinthe de Mozart (opéras de Versailles, Reims, Rennes, Massy…). Sa curiosité l’a amené à travailler aussi bien aux côtés du musicien turc Kudsi Erguner que de la chanteuse folk Kyrie Kristmanson. De plus, Paulin Bündgen travaille en étroite collaboration avec les compositeurs Jean-Philippe Goude et Michael Nyman qui écrivent pour sa voix. Sa discographie comprend plus de quarante albums, allant de la chanson médiévale à la musique contemporaine.

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