Martin Gester

Martin Gester

Qu’il soit à la tête de son ensemble, chef invité ou soliste partenaire de musique de chambre, Martin Gester nourrit son approche d’expériences acquises par la recréation de nombreux chefs d’œuvres ignorés – oratorios de Caldara et d’A. Scarlatti, motets de Lalande et Charpentier, Leçons de Ténèbres de Charpentier et d’A. Scarlatti, Passion anonyme d’Uppsala, Messe d’Antoine Denoyé, Concertos de Sammartini, de Schobert, de Saint George, et le riche répertoire des Ospedali vénitiens (Jommelli, Hasse, Porpora, Latilla, Galuppi…). A partir d’une formation à la fois littéraire et musicale, instrumentale et vocale, passionné par l’histoire et attentif aux traditions orales, à l’art de la danse et du théâtre, Martin Gester s’efforce de retisser les liens que les usages séparent, renouant, à sa manière, avec l’idéal du musicien baroque : ouvert, multiple et humaniste.

Après des études littéraires et musicales au Conservatoire et à l’Université de Strasbourg, il fonde, en 1990, le Parlement de Musique, un ensemble formé à son goût et d’un fonctionnement original : inventif, découvreur, modulable, convivial bien qu’exigeant, à la croisée des styles baroque et classique, du concert et de la scène, aussi préoccupé de détecter de nouveaux talents que de collaborer avec les artistes reconnus.

Tour à tour chanteur polyphoniste, interprète au clavier, chef de chœur, musicologue et pédagogue (les lettres classiques aussi bien que la musique), Martin Gester a pratiqué de nombreux répertoires répartis sur quatre siècles. Actuellement, il dirige aussi volontiers Les Vêpres de Monteverdi que Les symphonies de Mendelssohn, franchissant volontiers les barrières traditionnelles trop étroites entre les écoles dites anciennes et modernes.
Il a dirigé le Parlement de Musique sur une quarantaine d’enregistrements discographiques illustrant un répertoire de deux siècles de musique, de T.L. de Victoria à J. Haydn, et s’est produit dans des salles prestigieuses sur quatre continents. Il a aussi dirigé d’autres ensembles : New York Collegium, Collegium Vocale Gent, La Chapelle Royale, Nederlandse Bachvereniging, Capella antigua de Curitiba, Orchestre Symphonique de Torún, de Malaga, de Saõ Paolo, des Pays de Savoie … Une collaboration toute particulière s’est établie depuis 1998 avec Arte dei Suonatori, orchestre baroque polonais au cours d’un travail régulier sur les concertos baroques – l’enregistrement des 12 Concerti grossi op. 6 de Haendel chez BIS (Suède), a été acclamé sur plusieurs continents comme l’une des «versions de référence» dans une discographie déjà prestigieuse, dont les Suites orchestrales de G.F. Telemann en 2011, puis les Symphonies de Haydn. Parallèlement, Martin Gester poursuit ses activités d’interprète : organiste soliste ou de concertos, ou partenaire de musique de chambre au clavecin et au pianoforte. Un goût très prononcé pour le travail avec des chanteurs choisis lui fait explorer l’univers du chant lyrique – cantate, motet ou lied – de Monteverdi jusqu’à Schubert.

Il enseigne au Conservatoire de Musique de Strasbourg et donne régulièrement des masterclasses sur plusieurs continents (notamment, cette année, en Pologne, en Australie, au Brésil). Martin Gester a été nommé Chevalier des Arts et Lettres et élevé à l’Ordre du Mérite par les Ministères de la Culture respectivement français et polonais.