Fantaisies et polyphonies

Printemps de Lanvellec Emmanuel-Arakélian © DR

L’école d’orgue de l’Europe du nord des 17ème et 18ème siècles est probablement l’une des plus fécondes que le continent ait pu connaître. Lorsque la France ne dispose que d’une capitale culturelle, l’Allemagne par exemple, profite d’une situation politique morcelée en différentes régions y prodiguant ainsi une richesse de courants complémentaires. La figure tutélaire de cette école, et par conséquent de ce programme, se prénomme Jan Pieterszoon Sweelinck, grand maître du clavier et du style « polyphonique », titulaire de l’orgue de l’Oude Kerk d’ Amsterdam. Sa Fantaisie chromatique est probablement l’un de ses chefs-d’œuvre de par la simplicité de son motif et la complexité de son développement. Sweelinck se révèle aussi être un maître de la variation et de la fantaisie en écho héritée des Flandres. Il transmettra son art à ses brillants disciples germaniques, remarquables improvisateurs de surcroît, Samuel Scheidt et Heinrich Scheidemann. Enfin, héritier de ce formidable mouvement Dietrich Buxtehude, terminera ce programme avec l’art du prélude libre en différentes sections alternées.

Vidéo

Programme

Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621)
Fantaisie chromatique

Heinrich Scheidemann (1595-1663)
Prélude et canzon en Fa

Jan Pieterzoon Sweelinck (1562-1621)
Fantaisie en echo

Samuel Scheidt (1587-1654)
Variations sur «Warum betrübst du dich, mein Herz»

 Jan Pieterzoon Sweelinck (1562-1621)
Variations sur « More Palatino »

Dietrich Buxtehude (1637-1707)
Canzon et prélude en Sol

Emmanuel Arakélian, Orgue Robert Dallam (1653)

Originaire d’Avignon, Emmanuel Arakélian se passionne très jeune pour les claviers anciens et modernes. Brillamment diplômé du Conservatoire National de Région de Toulon auprès de Pascal Marsault et Claire Bodin, il poursuit actuellement ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris depuis 2012, auprès d’Olivier Latry et de Michel Bouvard pour l’orgue et d’Olivier Baumont et de Blandine Rannou pour le clavecin et la basse-continue.

Plusieurs fois lauréat de la Fondation de France, du Fond Tarazzi et de la Fondation Meyer, Emmanuel Arakélian remporte en 2015 le second prix d’interprétation au «Grand Prix Bach» de Lausanne.

Sa passion pour le répertoire ancien et son attrait pour les instruments l’amène à côtoyer les plus beaux instruments historiques et à poursuivre des recherches dans de nombreux domaines. Mais il joue aussi avec la même passion, la musique de son temps, l’on peut citer des compositeurs comme Vincent Paulet, Bernard Foccroulle, ou encore Grégoire Rolland. Il a été amené à jouer régulièrement l’œuvre de Jehan Alain (1911-1940) dont il aime en défendre l’originalité et la richesse.

Emmanuel Arakélian se produit régulièrement dans le cadre de festivals renommés en France et à l’étranger comme le Festival de Roquevaire, le Festival des Grandes-Orgues de Chartres, Le festival de Monteux, «Jeunes Talents» à Paris, l’association «François-Henri Clicquot» de Poitiers ou encore la Fondation Royaumont mais aussi en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et au Canada.

Entre Novembre 2016 et Mai 2017, il devient le septième « Young Artist in residence » à la Nouvelle Orléans, se produisant ainsi régulièrement sur le continent Nord-Américain aussi bien à l’orgue qu’au clavecin, en soliste, avec chœur ou bien en collaboration avec le « Louisiana Philarmonic Orchestra ».

Très engagé sur le plan associatif, il participe conjointement à la programmation d’une riche saison de concerts autour du Grand-Orgue Pascal Quoirin/Jean-Louis Loriaut de la Cathédrale Saint-Léonce de Fréjus, dont il est par ailleurs l’organiste titulaire.

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