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Le terme «bataille» s’applique à un style de musique vocale ou instrumentale faisant son apparition au cours du XVIe siècle. Certains éléments caractéristiques (cris de ralliements, imitations de fanfares) avaient déjà été anticipés dans les «caccie» du XIVe siècle, mais c’est «la Guerre», chanson écrite par Janequin pour célébrer la bataille de Marignan qui deviendra le plus important modèle pour la plupart des œuvres écrites par la suite. La prima pars de cette pièce consiste en une exortation préliminaire à la bataille tandis que la secunda pars est un portrait extrêmement vivant des combats, illustrés par un texte onomatopéique, des rythmes saccadés sur une harmonie relativement statique. |
Dans ce programme, l’influence de cette pièce de Janequin se retrouve dans les œuvres de Correa, de Araujo et des anonymes, tandis que Byrd développe de manière propre et quasi exhaustive les ressources descriptives utilisables sur un instrument à clavier. Pour justifier l’exécution de telles pièces dans les églises, les «Batailles» devinrent le symbole de la lutte du Bien contre le Mal, ou, comme le signale Banchieri dans son organo suonarino, l’allégorie de la victoire du Christ sur la mort. Si l’on considère la victoire comme l’issue favorable d’un combat, on ne peut passer sous silence la défaite et son lot de misères et de larmes. Les pièces comme «The sad pavan for these distracted times», «The Bells» ou les «falsas» en sont le triste écho. |